L'ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche

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L'ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche
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Miguel de Cervantes Saavedra

L'ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066081508

Table des matières

PRÉFACE

UN MOT SUR CETTE NOUVELLE TRADUCTION

PREMIÈRE PARTIE

LIVRE PREMIER—CHAPITRE PREMIER QUI TRAITE DE LA QUALITÉ ET DES HABITUDES DE L'INGÉNIEUX DON QUICHOTTE

CHAPITRE II QUI TRAITE DE LA PREMIÈRE SORTIE QUE FIT L'INGÉNIEUX DON QUICHOTTE

CHAPITRE III OU L'ON RACONTE DE QUELLE PLAISANTE MANIÈRE DON QUICHOTTE FUT ARMÉ CHEVALIER

CHAPITRE IV DE CE QUI ARRIVA A NOTRE CHEVALIER QUAND IL FUT SORTI DE L'HOTELLERIE

CHAPITRE V OU SE CONTINUE LE RÉCIT DE LA DISGRACE DE NOTRE CHEVALIER

CHAPITRE VI DE LA GRANDE ET AGRÉABLE ENQUÊTE QUE FIRENT LE CURÉ ET LE BARBIER DANS LA BIBLIOTHÈQUE DE NOTRE CHEVALIER

CHAPITRE VII DE LA SECONDE SORTIE DE NOTRE BON CHEVALIER DON QUICHOTTE DE LA MANCHE

CHAPITRE VIII DU BEAU SUCCÈS QU'EUT LE VALEUREUX DON QUICHOTTE DANS L'ÉPOUVANTABLE ET INOUIE AVENTURE DES MOULINS A VENT

LIVRE II —CHAPITRE IX OU SE CONCLUT ET SE TERMINE L'ÉPOUVANTABLE COMBAT DU BRAVE BISCAIEN ET DU MANCHOIS

CHAPITRE X DU GRACIEUX ENTRETIEN QU'EUT DON QUICHOTTE AVEC SANCHO PANZA SON ÉCUYER

CHAPITRE XI DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE AVEC LES CHEVRIERS

CHAPITRE XII DE CE QUE RACONTA UN BERGER A CEUX QUI ÉTAIENT AVEC DON QUICHOTTE

CHAPITRE XIII OU SE TERMINE L'HISTOIRE DE LA BERGÈRE MARCELLE AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS

CHAPITRE XIV OU SONT RAPPORTÉS LES VERS DÉSESPÉRÉS DU BERGER DÉFUNT ET AUTRES CHOSES NON ATTENDUES

LIVRE III—CHAPITRE XV OU L'ON RACONTE LA DÉSAGRÉABLE AVENTURE QU'ÉPROUVA DON QUICHOTTE EN RENCONTRANT DES MULETIERS YANGOIS

CHAPITRE XVI DE CE QUI ARRIVA A NOTRE CHEVALIER DANS L'HOTELLERIE QU'IL PRENAIT POUR UN CHATEAU

CHAPITRE XVII OU SE CONTINUENT LES TRAVAUX INNOMBRABLES DU VAILLANT DON QUICHOTTE ET DE SON ÉCUYER DANS LA MALHEUREUSE HOTELLERIE, PRISE A TORT POUR UN CHATEAU

CHAPITRE XVIII OU L'ON RACONTE L'ENTRETIEN QUE DON QUICHOTTE ET SANCHO PANZA EURENT ENSEMBLE, AVEC D'AUTRES AVENTURES DIGNES D'ÊTRE RAPPORTÉES

CHAPITRE XIX DU SAGE ET SPIRITUEL ENTRETIEN QUE SANCHO EUT AVEC SON MAITRE, DE LA RENCONTRE QU'ILS FIRENT D'UN CORPS MORT, AINSI QUE D'AUTRES ÉVÉNEMENTS FAMEUX

CHAPITRE XX DE LA PLUS ÉTONNANTE AVENTURE QU'AIT JAMAIS RENCONTRÉE AUCUN CHEVALIER ERRANT, ET DE LAQUELLE DON QUICHOTTE VINT A BOUT A PEU DE FRAIS

CHAPITRE XXI QUI TRAITE DE LA CONQUÊTE DE L'ARMET DE MAMBRIN, ET D'AUTRES CHOSES ARRIVÉES A NOTRE INVINCIBLE CHEVALIER

CHAPITRE XXII COMMENT DON QUICHOTTE DONNA LA LIBERTÉ A UNE QUANTITÉ DE MALHEUREUX QU'ON MENAIT, MALGRÉ EUX, OU ILS NE VOULAIENT PAS ALLER

CHAPITRE XXIII DE CE QUI ARRIVA AU FAMEUX DON QUICHOTTE DANS LA SIERRA MORENA, ET DE L'UNE DES PLUS RARES AVENTURES QUE MENTIONNE CETTE VÉRIDIQUE HISTOIRE

CHAPITRE XXIV OU SE CONTINUE L'AVENTURE DE LA SIERRA MORENA

CHAPITRE XXV DES CHOSES ÉTRANGES QUI ARRIVÈRENT AU VAILLANT CHEVALIER DE LA MANCHE DANS LA SIERRA MORENA, ET DE LA PÉNITENCE QU'IL FIT A L'IMITATION DU BEAU TÉNÉBREUX

CHAPITRE XXVI OU SE CONTINUENT LES RAFFINEMENTS D'AMOUR DU GALANT CHEVALIER DE LA MANCHE DANS LA SIERRA MORENA

CHAPITRE XXVII COMMENT LE CURÉ ET LE BARBIER VINRENT A BOUT DE LEUR DESSEIN, AVEC D'AUTRES CHOSES DIGNES D'ÊTRE RACONTÉES

LIVRE IV—CHAPITRE XXVIII DE LA NOUVELLE ET AGRÉABLE AVENTURE QUI ARRIVA AU CURÉ ET AU BARBIER DANS LA SIERRA MORENA

CHAPITRE XXIX QUI TRAITE DU GRACIEUX ARTIFICE QU'ON EMPLOYA POUR TIRER NOTRE AMOUREUX CHEVALIER DE LA RUDE PÉNITENCE QU'IL ACCOMPLISSAIT

CHAPITRE XXX QUI TRAITE DE LA FINESSE D'ESPRIT QUE MONTRA LA BELLE DOROTHÉE, AINSI QUE D'AUTRES CHOSES NON MOINS DIVERTISSANTES

CHAPITRE XXXI DU PLAISANT DIALOGUE QUI EUT LIEU ENTRE DON QUICHOTTE ET SANCHO, SON ÉCUYER, AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS

CHAPITRE XXXII QUI TRAITE DE CE QUI ARRIVA DANS L'HOTELLERIE A DON QUICHOTTE ET A SA COMPAGNIE

CHAPITRE XXXIII OU L'ON RACONTE L'AVENTURE DU CURIEUX MALAVISÉ

CHAPITRE XXXIV OU SE CONTINUE LA NOUVELLE DU CURIEUX MALAVISÉ

CHAPITRE XXXV QUI TRAITE DE L'EFFROYABLE BATAILLE QUE LIVRA DON QUICHOTTE A DES OUTRES DE VIN ROUGE, ET OU SE TERMINE LA NOUVELLE DU CURIEUX MALAVISÉ

CHAPITRE XXXVI QUI TRAITE D'AUTRES INTÉRESSANTES AVENTURES ARRIVÉES DANS L'HOTELLERIE

CHAPITRE XXXVII OU SE POURSUIT L'HISTOIRE DE LA PRINCESSE DE MICOMICON, AVEC D'AUTRES PLAISANTES AVENTURES

CHAPITRE XXXVIII OU SE CONTINUE LE CURIEUX DISCOURS QUE FIT DON QUICHOTTE SUR LES LETTRES ET SUR LES ARMES

CHAPITRE XXXIX OU LE CAPTIF RACONTE SA VIE ET SES AVENTURES

CHAPITRE XL OU SE CONTINUE L'HISTOIRE DU CAPTIF

CHAPITRE XLI OU LE CAPTIF TERMINE SON HISTOIRE

CHAPITRE XLII DE CE QUI ARRIVA DE NOUVEAU DANS L'HOTELLERIE, ET DE PLUSIEURS AUTRES CHOSES DIGNES D'ÊTRE CONNUES

CHAPITRE XLIII OU L'ON RACONTE L'INTÉRESSANTE HISTOIRE DU GARÇON MULETIER, AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS EXTRAORDINAIRES ARRIVÉS DANS L'HOTELLERIE

CHAPITRE XLIV OU SE POURSUIVENT LES ÉVÉNEMENTS INOUIS DE L'HOTELLERIE

CHAPITRE XLV OU L'ON ACHÈVE DE VÉRIFIER LES DOUTES SUR L'ARMET DE MAMBRIN ET SUR LE BAT DE L'ANE, AVEC D'AUTRES AVENTURES AUSSI VÉRITABLES

CHAPITRE XLVI DE LA GRANDE COLÈRE DE DON QUICHOTTE, ET D'AUTRES CHOSES ADMIRABLES

CHAPITRE XLVII QUI CONTIENT DIVERSES CHOSES

CHAPITRE XLVIII SUITE DU DISCOURS DU CHANOINE SUR LE SUJET DES LIVRES DE CHEVALERIE

CHAPITRE XLIX DE L'EXCELLENTE CONVERSATION DE DON QUICHOTTE ET DE SANCHO PANZA.

CHAPITRE L DE L'AGRÉABLE DISPUTE DU CHANOINE ET DE DON QUICHOTTE

 

CHAPITRE LI CONTENANT CE QUE RACONTE LE CHEVRIER

CHAPITRE LII DU DÉMÊLÉ DE DON QUICHOTTE AVEC LE CHEVRIER, ET DE LA RARE AVENTURE DES PÉNITENTS, QUE LE CHEVALIER ACHEVA A LA SUEUR DE SON CORPS

PRÉFACE

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER DE CE QUI SE PASSA ENTRE LE CURÉ ET LE BARBIER AVEC DON QUICHOTTE AU SUJET DE SA MALADIE

CHAPITRE II QUI TRAITE DE LA GRANDE QUERELLE QU'EUT SANCHO PANZA AVEC LA NIÈCE ET LA GOUVERNANTE, AINSI QUE D'AUTRES PLAISANTS ÉVÉNEMENTS

CHAPITRE III DU RISIBLE ENTRETIEN QU'EURENT ENSEMBLE DON QUICHOTTE SANCHO PANZA ET LE BACHELIER SAMSON CARRASCO

CHAPITRE IV OU SANCHO PANZA RÉPOND AUX QUESTIONS ET ÉCLAIRCIT LES DOUTES DU BACHELIER SAMSON CARRASCO, AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS DIGNES D'ÊTRE RACONTÉS

CHAPITRE V DU SPIRITUEL, PROFOND ET GRACIEUX ENTRETIEN DE SANCHO ET DE SA FEMME, AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS DIGNES D'HEUREUSE SOUVENANCE

CHAPITRE VI QUI TRAITE DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE AVEC SA NIÈCE ET SA GOUVERNANTE, ET L'UN DES PLUS IMPORTANTS CHAPITRES DE CETTE HISTOIRE

CHAPITRE VII DE CE QUI SE PASSA ENTRE DON QUICHOTTE ET SON ÉCUYER, AINSI QUE D'AUTRES ÉVÉNEMENTS ON NE PEUT PLUS DIGNES DE MÉMOIRE

CHAPITRE VIII DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE ET A SANCHO EN ALLANT VOIR DULCINÉE

CHAPITRE IX OU L'ON RACONTE CE QU'ON Y VERRA

CHAPITRE X OU L'ON RACONTE LE STRATAGÈME QU'EMPLOYA SANCHO POUR ENCHANTER DULCINÉE AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS NON MOINS PLAISANTS QUE VÉRITABLES

CHAPITRE XI DE L'ÉTRANGE AVENTURE DU CHAR DES CORTÈS DE LA MORT

CHAPITRE XII DE L'ÉTRANGE AVENTURE QUI ARRIVA AU VALEUREUX DON QUICHOTTE AVEC LE GRAND CHEVALIER DES MIROIRS

CHAPITRE XIII OU SE POURSUIT L'AVENTURE DU CHEVALIER DU BOCAGE AVEC LE PIQUANT DIALOGUE QU'EURENT ENSEMBLE LES ÉCUYERS

CHAPITRE XIV OU SE POURSUIT L'AVENTURE DU CHEVALIER DU BOCAGE

CHAPITRE XV QUELS ÉTAIENT LE CHEVALIER DES MIROIRS ET L'ÉCUYER AU GRAND NEZ

CHAPITRE XVI DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE AVEC UN CHEVALIER DE LA MANCHE

CHAPITRE XVII DE LA PLUS GRANDE PREUVE DE COURAGE QU'AIT JAMAIS DONNÉE DON QUICHOTTE ET DE L'HEUREUSE FIN DE L'AVENTURE DES LIONS

CHAPITRE XVIII DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE DANS LA MAISON DE DON DIEGO

CHAPITRE XIX DE L'AVENTURE DU BERGER AMOUREUX, ET DE PLUSIEURS AUTRES CHOSES

CHAPITRE XX DES NOCES DE GAMACHE, ET DE CE QU'Y FIT BASILE

CHAPITRE XXI SUITE DES NOCES DE GAMACHE, ET DES CHOSES ÉTRANGES QUI Y ARRIVÈRENT

CHAPITRE XXII DE L'AVENTURE INOUIE DE LA CAVERNE DE MONTESINOS DONT LE VALEUREUX DON QUICHOTTE VINT A BOUT

CHAPITRE XXIII DES ADMIRABLES CHOSES QUE L'INCOMPARABLE DON QUICHOTTE PRÉTENDIT AVOIR VUES DANS LA PROFONDE CAVERNE DE MONTESINOS, ET DONT L'INVRAISEMBLANCE ET LA GRANDEUR FONT QUE L'ON TIENT CETTE AVENTURE POUR APOCRYPHE

CHAPITRE XXIV OU L'ON VERRA MILLE BABIOLES AUSSI RIDICULES QU'ELLES SONT NÉCESSAIRES POUR L'INTELLIGENCE DE CETTE VÉRIDIQUE HISTOIRE

CHAPITRE XXV DE L'AVENTURE DU BRAIEMENT DE L'ANE, DE CELLE DU JOUEUR DE MARIONNETTES, ET DES DIVINATIONS ADMIRABLES DU SINGE

CHAPITRE XXVI DE LA REPRÉSENTATION DU TABLEAU, AVEC D'AUTRES CHOSES QUI NE SONT PAS EN VÉRITÉ MAUVAISES

CHAPITRE XXVII OU L'ON APPREND CE QU'ÉTAIENT MAITRE PIERRE ET SON SINGE, AVEC LE FAMEUX SUCCÈS QU'EUT DON QUICHOTTE DANS L'AVENTURE DU BRAIMENT, QU'IL NE TERMINA PAS COMME IL L'AVAIT PENSÉ

CHAPITRE XXVIII DES GRANDES CHOSES QUE DIT BEN-ENGELI, ET QUE SAURA CELUI QUI LES LIRA S'IL LES LIT AVEC ATTENTION

CHAPITRE XXIX DE LA FAMEUSE AVENTURE DE LA BARQUE ENCHANTÉE

CHAPITRE XXX DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE AVEC UNE BELLE CHASSERESSE

CHAPITRE XXXI QUI TRAITE DE PLUSIEURS GRANDES CHOSES

CHAPITRE XXXII DE LA RÉPONSE QUE FIT DON QUICHOTTE AUX INVECTIVES DE L'ECCLÉSIASTIQUE

CHAPITRE XXXIII DE LA CONVERSATION QUI EUT LIEU ENTRE LA DUCHESSE ET SANCHO PANZA, CONVERSATION DIGNE D'ÊTRE LUE AVEC ATTENTION

CHAPITRE XXXIV DES MOYENS QU'ON TROUVA POUR DÉSENCHANTER DULCINÉE

CHAPITRE XXXV SUITE DES MOYENS QU'ON PRIT POUR DÉSENCHANTER DULCINÉE ETC.

CHAPITRE XXXVI DE L'ÉTRANGE ET INOUIE AVENTURE DE LA DUÈGNE DOLORIDE, APPELÉE COMTESSE TRIFALDI: ET D'UNE LETTRE QUE SANCHO ÉCRIVIT A SA FEMME

CHAPITRE XXXVII SUITE DE LA FAMEUSE AVENTURE DE LA DUÈGNE DOLORIDE

CHAPITRE XXXVIII OU LA DUÈGNE DOLORIDE RACONTE SON AVENTURE

CHAPITRE XXXIX SUITE DE L'ÉTONNANTE ET MÉMORABLE HISTOIRE DE LA COMTESSE TRIFALDI

CHAPITRE XL SUITE DE CETTE AVENTURE, AVEC D'AUTRES CHOSES DE MÊME IMPORTANCE

CHAPITRE XLI DE L'ARRIVÉE DE CHEVILLARD, ET DE LA FIN DE CETTE LONGUE ET TERRIBLE AVENTURE

CHAPITRE XLII DES CONSEILS QUE DON QUICHOTTE DONNA A SANCHO PANZA TOUCHANT LE GOUVERNEMENT DE L'ILE, ETC.

CHAPITRE XLIII SUITE DES CONSEILS QUE DON QUICHOTTE DONNA A SANCHO

CHAPITRE XLIV COMMENT SANCHO ALLA PRENDRE POSSESSION DU GOUVERNEMENT DE L'ILE, ET DE L'ÉTRANGE AVENTURE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE DANS LE CHATEAU

CHAPITRE XLV COMMENT LE GRAND SANCHO PRIT POSSESSION DE SON ILE ET DE LA MANIÈRE DONT IL GOUVERNA

CHAPITRE XLVI DE L'ÉPOUVANTABLE CHARIVARI QUE REÇUT DON QUICHOTTE PENDANT QU'IL RÊVAIT A L'AMOUR D'ALTISIDORE

CHAPITRE XLVII SUITE DU GOUVERNEMENT DU GRAND SANCHO PANZA

CHAPITRE XLVIII DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE AVEC LA SENORA RODRIGUEZ, ET D'AUTRES CHOSES AUSSI ADMIRABLES.

CHAPITRE XLIX DE CE QUI ARRIVA A SANCHO PANZA, EN FAISANT LA RONDE DANS SON ILE.

CHAPITRE L DES ENCHANTEURS QUI FOUETTÈRENT LA SENORA RODRIGUEZ ET QUI ÉGRATIGNÈRENT DON QUICHOTTE.

CHAPITRE LI SUITE DU GOUVERNEMENT DE SANCHO PANZA.

CHAPITRE LII AVENTURE DE LA SECONDE DOLORIDE, AUTREMENT LA SENORA RODRIGUEZ.

CHAPITRE LIII DE LA FIN DU GOUVERNEMENT DE SANCHO PANZA.

CHAPITRE LIV QUI TRAITE DES CHOSES RELATIVES A CETTE HISTOIRE ET NON A D'AUTRES.

CHAPITRE LV DE CE QUI ARRIVA A SANCHO EN CHEMIN.

CHAPITRE LVI DE L'ÉTRANGE COMBAT DE DON QUICHOTTE ET DU LAQUAIS TOSILOS, AU SUJET DE LA FILLE DE LA SENORA RODRIGUEZ.

CHAPITRE LVII COMMENT DON QUICHOTTE PRIT CONGÉ DU DUC, ET DE CE QUI LUI ARRIVA AVEC LA BELLE ALTISIDORE, DEMOISELLE DE LA DUCHESSE.

CHAPITRE LVIII COMMENT DON QUICHOTTE RENCONTRA AVENTURES SUR AVENTURES, ET EN SI GRAND NOMBRE, QU'IL NE SAVAIT DE QUEL COTÉ SE TOURNER.

CHAPITRE LIX DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE, ET QUE L'ON PEUT VÉRITABLEMENT APPELER UNE AVENTURE.

CHAPITRE LX DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE EN ALLANT A BARCELONE.

CHAPITRE LXI DE CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE A SON ENTRÉE DANS BARCELONE, AVEC D'AUTRES CHOSES QUI SEMBLENT PLUS VRAIES QUE RAISONNABLES.

CHAPITRE LXII AVENTURE DE LA TÊTE ENCHANTÉE, AINSI QUE D'AUTRES ENFANTILLAGES QU'ON NE PEUT S'EMPÊCHER DE RACONTER.

CHAPITRE LXIII DU PLAISANT RÉSULTAT QU'EUT POUR SANCHO SA VISITE AUX GALÈRES, ET DE L'AVENTURE DE LA BELLE MORISQUE.

CHAPITRE LXIV DE L'AVENTURE QUI CAUSA LE PLUS DE CHAGRIN A DON QUICHOTTE PARMI TOUTES CELLES QUI LUI FUSSENT JAMAIS ARRIVÉES.

CHAPITRE LXV OU L'ON FAIT CONNAITRE QUI ÉTAIT LE CHEVALIER DE LA BLANCHE-LUNE, ET OU L'ON RACONTE LA DÉLIVRANCE DE DON GREGORIO, AINSI QUE D'AUTRES ÉVÉNEMENTS.

CHAPITRE LXVI QUI TRAITE DE CE QUE VERRA CELUI QUI VOUDRA LE LIRE

CHAPITRE LXVII DE LA RÉSOLUTION QUE PRIT DON QUICHOTTE DE SE FAIRE BERGER TOUT LE TEMPS QU'IL ÉTAIT OBLIGÉ DE NE POINT PORTER LES ARMES

CHAPITRE LXVIII AVENTURE DE NUIT, QUI FUT PLUS SENSIBLE A SANCHO QU'A DON QUICHOTTE

CHAPITRE LXIX DE LA PLUS SURPRENANTE AVENTURE QUI SOIT ARRIVÉE A DON QUICHOTTE DANS TOUT LE COURS DE CETTE GRANDE HISTOIRE

 

CHAPITRE LXX QUI TRAITE DE CHOSES FORT IMPORTANTES POUR L'INTELLIGENCE DE CETTE HISTOIRE

CHAPITRE LXXI OU SANCHO SE MET EN DEVOIR DE DÉSENCHANTER DULCINÉE

CHAPITRE LXXII COMMENT DON QUICHOTTE ET SANCHO ARRIVÈRENT A LEUR VILLAGE

CHAPITRE LXXIII DE CE QUE DON QUICHOTTE RENCONTRA, ET QU'IL IMPUTA A MAUVAIS PRÉSAGE

CHAPITRE LXXIV COMME QUOI DON QUICHOTTE TOMBA MALADE, DU TESTAMENT QU'IL FIT, ET DE SA MORT

VIE DE CERVANTES

PRÉFACE

Table des matières

En te présentant ce livre enfant de mon esprit, ai-je besoin de te jurer, ami lecteur, que je voudrais qu'il fût le plus beau, le plus ingénieux, le plus parfait de tous les livres? Mais, hélas! je n'ai pu me soustraire à cette loi de la nature qui veut que chaque être engendre son semblable. Or, que pouvait engendrer un esprit stérile et mal cultivé tel que le mien, sinon un sujet bizarre, fantasque, rabougri et plein de pensées étranges qui ne sont jamais venues à personne? De plus, j'écris dans une prison, et un pareil séjour, siége de toute incommodité, demeure de tout bruit sinistre, est peu favorable à la composition d'un ouvrage, tandis qu'un doux loisir, une paisible retraite, l'aménité des champs, la sérénité des cieux, le murmure des eaux, la tranquillité de l'âme, rendraient fécondes les Muses les plus stériles.

Je sais que la tendresse fascine souvent les yeux d'un père, au point de lui faire prendre pour des grâces les imperfections de son enfant; c'est pourquoi je m'empresse de te déclarer que don Quichotte n'est pas le mien; il n'est que mon fils adoptif. Aussi je ne viens pas, les larmes aux yeux, suivant l'usage, implorer humblement pour lui ton indulgence; libre de ton opinion, maître absolu de ta volonté comme le roi l'est de ses gabelles, juge-le selon ta fantaisie; tu sais du reste notre proverbe: Sous mon manteau, je tue le roi[1]. Te voilà donc bien averti et dispensé envers moi de toute espèce de ménagements; le bien ou le mal que tu diras de mon ouvrage ne te vaudra de ma part pas plus d'inimitié que de reconnaissance.

J'aurais voulu te l'offrir sans ce complément obligé qu'on nomme préface, et sans cet interminable catalogue de sonnets et d'éloges qu'on a l'habitude[2] de placer en tête de tous les livres; car bien que celui-ci m'ait donné quelque peine à composer, ce qui m'a coûté le plus, je dois en convenir, cher lecteur, c'est la préface que tu lis en ce moment; bien des fois j'ai pris, quitté, repris la plume, sans savoir par où commencer.

J'étais encore dans un de ces moments d'impuissance, mon papier devant moi, la plume à l'oreille, le coude sur la table et la joue dans la main, quand je fus surpris par un de mes amis, homme d'esprit et de bon conseil, lequel voulut savoir la cause de ma profonde rêverie. Je lui confessai que le sujet de ma préoccupation était la préface de mon histoire de don Quichotte, et qu'elle me coûtait tant d'efforts, que j'étais sur le point de renoncer à mettre en lumière les exploits du noble chevalier.

Et pourtant, ajoutais-je, comment se risquer à publier un livre sans préface? Que dira de moi ce sévère censeur qu'on nomme le public, censeur que j'ai négligé depuis si longtemps, quand il me verra reparaître vieux et cassé[3], avec un ouvrage maigre d'invention, pauvre de style, dépourvu d'érudition, et, ce qui est pis encore, sans annotations en marges et sans commentaires, tandis que nos ouvrages modernes sont tellement farcis de sentences d'Aristote, de Platon et de toute la troupe des philosophes, que, dans son enthousiasme, le lecteur ne manque jamais de porter aux nues ces ouvrages comme des modèles de profonde érudition? Et qu'est-ce, bon Dieu, quand leurs auteurs en arrivent à citer la sainte Écriture! Oh! alors, on les prendrait pour quelque saint Thomas, ou autre fameux docteur de l'Église; en effet, ils ont tant de délicatesse et de goût, qu'ils se soucient fort peu de placer après le portrait d'un libertin dépravé un petit sermon chrétien, si joli, mais si joli, que c'est plaisir de le lire et de l'entendre. Vous voyez bien que mon ouvrage va manquer de tout cela, que je n'ai point de notes ni de commentaires à la fin de mon livre, qu'ignorant les auteurs que j'aurais pu suivre, il me sera impossible d'en donner, comme tous mes confrères, une table alphabétique commençant par Aristote et finissant par Xénophon, ou par Zoïle et Zeuxis, quoique celui-ci soit un peintre et l'autre un critique plein de fiel.

Mais ce n'est pas tout; mon livre manquera encore de ces sonnets remplis d'éloges pour l'auteur, dont princes, ducs, évêques, grandes dames et poëtes célèbres, font ordinairement les frais (quoique, avec des amis comme les miens, il m'eût été facile de m'en pourvoir et des meilleurs); aussi tant d'obstacles à surmonter m'ont-ils fait prendre la résolution de laisser le seigneur don Quichotte enseveli au fond des archives de la Manche, plutôt que de le mettre au jour dénué de ces ornements indispensables qu'un maladroit de mon espèce désespère de pouvoir jamais lui procurer. C'était là le sujet de la rêverie et de l'indécision où vous m'avez surpris.

A ces paroles, mon ami partit d'un grand éclat de rire. Par ma foi, dit-il, vous venez de me tirer d'une erreur où j'étais depuis longtemps: je vous avais toujours cru homme habile et de bons sens, mais je viens de m'apercevoir qu'il y a aussi loin de vous à cet homme-là que de la terre au ciel. Comment de semblables bagatelles, et si faciles à obtenir, ont-elles pu vous arrêter un seul instant, accoutumé que vous êtes à aborder et à vaincre des difficultés bien autrement sérieuses? En vérité, je gagerais que ce n'est pas insuffisance de votre part, mais simplement paresse ou défaut de réflexion. M'accordez-vous quelque confiance? Eh bien, écoutez-moi, et vous allez voir de quelle façon je saurai aplanir les obstacles qui vous empêchent de publier l'histoire de votre fameux don Quichotte de la Manche, miroir et fleur de la chevalerie errante.

Dieu soit loué! m'écriai-je; mais comment parviendrez-vous à combler ce vide et à débrouiller ce chaos?

Ce qui vous embarrasse le plus, répliqua mon ami, c'est l'absence de sonnets et d'éloges dus à la plume d'illustres personnages pour placer en tête de votre livre? Eh bien, qui vous empêche de les composer vous-même et de les baptiser du nom qu'il vous plaira de leur donner? Attribuez-les au prêtre Jean des Indes[4], ou à L'empereur de Trébizonde: vous savez qu'ils passent pour d'excellents écrivains. Si, par hasard, des pédants s'avisent de contester et de critiquer pour semblable peccadille, souciez-vous-en comme d'un maravédis; allez, allez, quand même le mensonge serait avéré, on ne coupera pas la main qui en sera coupable. Pour ce qui est des citations marginales, faites venir à propos quelques dictons latins, ceux que vous savez par cœur ou qui ne vous donneront pas grand'peine à trouver. Par exemple, avez-vous à parler de l'esclavage et de la liberté? qui vous empêche de mettre

Non bene pro toto libertas venditur auro.

Traitez-vous de la mort? citez sur-le-champ:

Pallida mors æquo pulsat pede pauperum tabernas

Regumque turres....

S'il est question de l'amour que Dieu commande d'avoir pour son ennemi, l'Écriture sainte ne nous dit-elle pas: Ego autem dico vobis, diligite inimicos vestros? S'il s'agit de mauvaises pensées, recourez à l'Évangile: De corde exeunt cogitationes malæ. Pour l'instabilité de l'amitié, Caton vous prêtera son distique:

Donec eris felix, multos numerabis amicos;

Tempora si fuerint nubila, solus eris[5].

Avec ces bribes de latin amenées à propos, vous passerez pour un érudit, et par le temps qui court, cela vaut honneur et profit.

Quant aux notes et commentaires qui devront compléter votre livre, voici comment vous pourrez procéder en toute sûreté. Vous faut-il un géant? prenez-moi Goliath, et avec lui vous avez un commentaire tout fait; vous direz: Le géant Golias ou Goliath était un Philistin que le berger David tua d'un coup de fronde dans la vallée de Térébinthe, ainsi qu'il est écrit au Livre des Rois, chapitre..... Voulez-vous faire une excursion dans le domaine des sciences, en géographie, par exemple? eh bien, arrangez-vous pour parler du Tage, et vous avez là une magnifique période! Dites: Le fleuve du Tage fut ainsi nommé par un ancien roi des Espagnes, parce qu'il prend sa source en tel endroit, et qu'il a son embouchure dans l'Océan, où il se jette après avoir baigné les murs de la célèbre et opulente ville de Lisbonne, il passe pour rouler un sable d'or, etc., etc. Voulez-vous parler de brigands? je vous recommande l'histoire de Cacus. Vous faut-il des courtisanes? l'évêque de Mondonedo[6] vous fournira des Samies, des Laïs, des Flores. S'agit-il de démons femelles? Ovide vous offre sa Médée. Sont-ce des magiciennes ou enchanteresses? vous avez Calypso dans Homère et Circé dans Virgile. En fait de grands capitaines, Jules César se peint lui-même dans ses Commentaires, et Plutarque vous fournira mille Alexandre. Enfin si vous avez à traiter de l'amour, avec deux onces de langue italienne, Léon Hébreu[7] vous donnera pleine mesure; et s'il vous répugne de recourir à l'étranger, nous avons en Espagne le Traité de Fonseca sur l'Amour de Dieu, dans lequel se trouve développé tout ce que l'homme le plus exigeant peut désirer en semblable matière. Chargez-vous seulement d'indiquer les sources où vous puiserez, et laissez-moi le soin des notes et des commentaires; je me charge de remplir vos marges, et de barbouiller quatre feuilles de remarques par-dessus le marché.

Mais, il me semble, en vérité, que votre ouvrage n'a aucun besoin de ce que vous dites lui manquer, puisqu'en fin de compte vous n'avez voulu faire qu'une satire des livres de chevalerie, qu'Aristote n'a pas connus, dont Cicéron n'a pas eu la moindre idée, et dont saint Basile ne dit mot. Ces fantastiques inventions n'ont rien à démêler avec les réalités de l'histoire, ni avec les calculs de la géométrie, les règles et les arguments de la rhétorique. Vous n'avez pas sans doute la prétention de convertir les gens, comme veulent le faire tant de vos confrères qui mêlent le sacré et le profane, mélange coupable et indécent que doit sévèrement réprouver tout esprit vraiment chrétien! Bien exprimer ce que vous avez à dire, voilà votre but; ainsi, plus l'imitation sera fidèle, plus votre ouvrage approchera de la perfection. Si donc vous n'en voulez qu'aux livres de chevalerie, pourquoi emprunter des sentences aux philosophes, des citations à la sainte Écriture, des fables aux poëtes, des discours aux rhéteurs, des miracles aux saints? Faites seulement que votre phrase soit harmonieuse et votre récit intéressant; que votre langage, clair et précis, rende votre intention sans obscurité ni équivoque; tâchez surtout qu'en vous lisant, le mélancolique ne puisse s'empêcher de rire, que l'ignorant s'instruise, que le connaisseur admire, que le sage se croie tenu de vous louer. Surtout visez constamment à détruire cette ridicule faveur qu'ont usurpée auprès de tant de gens les livres de chevalerie; et, par ma foi, si vous en venez à bout, vous n'aurez pas accompli une mince besogne.

J'avais écouté dans un grand silence ce que disait mon ami; ses raisons frappèrent tellement mon esprit que, sans répliquer, je les tins, à l'instant même, pour excellentes, et je résolus d'en faire cette préface, dans laquelle tu reconnaîtras, cher lecteur, le grand sens d'un tel conseiller, et ma bonne fortune qui me l'avait envoyé si à propos. Tu y trouveras aussi ton compte, puisque, sans autre préliminaire, tu vas passer à l'histoire naïve et sincère de ce don Quichotte de la Manche, regardé par les habitants de la plaine de Montiel comme le plus chaste des amants et le plus vaillant des chevaliers. Mais je ne voudrais pas trop exagérer le service que tu me dois pour t'avoir fait connaître un héros si recommandable; je demande seulement que tu me saches quelque gré de te présenter son illustre écuyer Sancho Panza, dans la personne duquel tu trouveras, je l'espère, rassemblées toutes les grâces écuyéresques éparses dans la foule vaine et insipide des livres de chevalerie.

Sur ce, que Dieu te conserve, cher lecteur, sans m'oublier cependant.